Paléo Festival 2026 : deux soirées, deux univers, une même intensité

Foule à un festival nocturne illuminé

Du rock intemporel de The Cure à l’énergie fédératrice de Gorillaz

Mercredi 22 et jeudi 23 juillet, la Plaine de l’Asse a vécu deux soirées aussi différentes que complémentaires. Entre icônes du rock, nouvelle génération pop, rap sensible, trip-hop et électro, le Paléo Festival a une nouvelle fois démontré sa capacité à réunir les époques, les styles et les publics.

Mercredi : The Cure suspend le temps

La soirée du mercredi s’annonçait résolument rock avec une programmation réunissant notamment The Last Dinner Party, The Young Gods, Eivør, Sylvie Kreusch, Feu! Chatterton et Kompromat. Une affiche riche, pensée comme une montée progressive vers le concert très attendu de The Cure sur la Grande Scène.

The Last Dinner Party a apporté son énergie théâtrale et sa pop-rock flamboyante, tandis que les Suisses de The Young Gods ont rappelé toute la puissance et la singularité de leur univers industriel. Plus loin, les sonorités envoûtantes d’Eivør ont parfaitement trouvé leur place dans cette édition dont le Village du Monde met à l’honneur les cultures nordiques.

Feu! Chatterton a offert un autre visage du rock francophone, plus littéraire et profondément habité. Avec ses textes ciselés et son intensité scénique, le groupe a créé un lien immédiat avec le public, avant de laisser la nuit s’assombrir doucement autour de la Grande Scène.

Puis The Cure est apparu.

Pour sa cinquième venue au Paléo, le groupe britannique a livré un concert de près de deux heures, porté par Robert Smith et par un répertoire devenu intemporel. La formation a traversé plusieurs décennies de musique dans une atmosphère à la fois mélancolique, romantique et puissante. Les grands classiques ont naturellement réveillé les souvenirs d’un public venu de plusieurs générations, tandis que quelques titres plus récents ont rappelé que The Cure ne se résume pas à la nostalgie.

Sous les lumières de la Grande Scène, la voix reconnaissable entre toutes de Robert Smith semblait suspendre le temps. Un concert dense et généreux, vécu comme une rencontre avec un groupe dont les chansons continuent d’accompagner les histoires, les amours et les souvenirs.

Jeudi : un voyage musical sans frontières

Après la profondeur rock du mercredi, la journée du jeudi a changé de couleur. Rap, pop, trip-hop, musiques indonésiennes, folk nordique et techno se sont croisés sur les différentes scènes du festival. Disiz, Theodora, Morcheeba, Buraka Som Sistema, Amelie Lens et Gorillaz figuraient parmi les grands rendez-vous de cette troisième journée.

Disiz a ouvert l’un des moments les plus sensibles de la soirée. L’artiste français a proposé un rap intime, tourné vers les émotions, les doutes et les fragilités. Une performance sincère, loin de la démonstration, qui a trouvé sa force dans la proximité avec le public.

Theodora lui a succédé avec une énergie radicalement différente. Flamboyante, libre et magnétique, elle a transformé la Grande Scène en véritable espace de célébration. Sa présence, son audace et son univers visuel ont imposé une performance généreuse, moderne et résolument vivante. La soirée a ainsi évolué entre l’introspection de Disiz et l’explosion scénique de Theodora, comme deux actes d’un même récit musical.

Sur la scène Véga, Morcheeba a apporté une respiration plus douce avec son trip-hop élégant et enveloppant. Buraka Som Sistema a ensuite accéléré le rythme avant qu’Amelie Lens ne prolonge la nuit dans une ambiance électronique plus intense.

Mais l’événement le plus attendu restait naturellement Gorillaz.

Mené par Damon Albarn, le groupe a retrouvé le Paléo avec un concert généreux, visuel et profondément fédérateur. Entre rock, pop, hip-hop et électro, Gorillaz a effacé les frontières musicales pour rassembler la foule autour de morceaux devenus incontournables. Les personnages animés, les projections et les musiciens présents sur scène ont créé un spectacle où le virtuel et le réel semblaient constamment dialoguer.

Damon Albarn a une nouvelle fois démontré son talent pour créer une proximité immédiate avec un public immense. Le concert s’est transformé en célébration collective, joyeuse et lumineuse, concluant cette soirée sur une sensation de liberté et de partage.

Deux soirées qui racontent l’esprit du Paléo

Mercredi et jeudi ont parfaitement résumé ce qui fait la force du Paléo Festival : la possibilité de passer d’un moment presque introspectif à une immense fête populaire, de redécouvrir un groupe mythique puis de se laisser surprendre par une nouvelle voix.

The Cure a offert une parenthèse hors du temps. Gorillaz a réuni la foule dans un élan résolument contemporain. Entre les deux, une multitude d’artistes ont rappelé que le Paléo reste avant tout un lieu de curiosité, de rencontres et d’émotions.

Deux soirées, deux atmosphères, mais une même évidence : sur la Plaine de l’Asse, la musique se vit pleinement, se partage et laisse toujours derrière elle quelques souvenirs inoubliables.

Photos : Crédit Karine Bauzin https://www.karinebauzin.ch/