Reel 2 Real au Venoge Festival : « L’énergie du public nous fait bouger »
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Plus de trente ans après avoir conquis les dancefloors du monde entier, I Like to Move It continue de faire vibrer toutes les générations. Rencontre avec Reel 2 Real au Venoge Festival.
New Sight Magazine a rencontré The Mad Stuntman, la voix emblématique du titre culte I Like to Move It, entouré de G$Money et de l’artiste helvético-trinidadienne Natalyah.
Toujours porté par la même énergie, il continue de faire vivre sur scène l’héritage de Reel 2 Real. Entre souvenirs, complicité, connexion avec le public et nouveaux projets, les trois artistes se confient dans une conversation spontanée et généreuse, animée par une envie intacte : rassembler à travers la musique.
Interview réalisée par Laurence Sallaz et Pascal Pellegrino

New Sight Magazine : Pour moi, I Like to Move It est une chanson magique. Si vous deviez chacun la décrire en un seul mot, lequel choisiriez-vous ?
Natalyah : Énergie. Une énergie pure !
G$Money : Action. Move it est une véritable invitation à agir. On ne peut pas rester immobile : il faut avancer, travailler, faire du sport, se lever le matin et accomplir ce que l’on a à faire. Dans la vie, il faut constamment se mettre en mouvement. Cette chanson nous le rappelle immédiatement.
The Mad Stuntman : Inspiration. Dès que l’on entend I Like to Move It, on a envie de danser, de chanter et de bouger. Même une personne plutôt paresseuse finit par se lever ! C’est aussi un message positif adressé aux femmes : soyez fortes, tenez-vous debout et assumez pleinement qui vous êtes.
A cinquante-neuf an . Comment vivez-vous le temps qui passe ?
The Mad Stuntman : Je me sens heureux et reconnaissant d’être arrivé à cet âge. Beaucoup de personnes partent malheureusement très jeunes et n’ont pas la chance de vivre aussi longtemps. Parfois, je me demande si j’atteindrai 100 ans… mais l’essentiel est de vivre aujourd’hui.
Nous ne savons jamais de quoi demain sera fait. Après cette interview, tout peut arriver. Il faut donc profiter du moment présent, apprécier la vie et les personnes qui nous entourent.
Votre énergie sur scène donne pourtant l’impression que le temps n’a aucune prise sur vous…
The Mad Stuntman : Merci beaucoup ! Cette énergie vient de la musique, mais aussi du public. Tant que les gens sont présents et que je peux voir leurs visages, j’ai envie de continuer à tout leur donner.
Comment avez-vous vécu votre concert devant le public intergénérationnel du Venoge Festival ?
The Mad Stuntman : C’était incroyable. Les spectateurs criaient, répondaient et chantaient avec nous. I Like to Move It est presque un ordre : dès que la chanson commence, tout le monde doit bouger !
Lorsqu’on entend une foule entière reprendre les paroles, on en a des frissons. L’énergie des fans était magnifique. J’ai vraiment aimé ce public.
Natalyah, vous êtes née à Trinidad, vous avez grandi en Suisse et vos parents sont suisses. Que représentait ce concert devant le public suisse ?
Natalyah : C’était un moment très particulier. Sur scène, on ressent une énergie que l’on ne peut trouver nulle part ailleurs. C’est comme entrer dans un autre monde. Pouvoir vivre cette émotion ici, en Suisse, devant ce public, avait forcément une résonance très personnelle pour moi.
G$Money, c’était votre première fois en Suisse. Comment avez-vous vécu cette expérience ?
G$Money : Tout était magique. I Like to Move It existait déjà lorsque j’étais enfant. Aujourd’hui, je me retrouve aux côtés de The Mad Stuntman et je partage la scène avec lui, en Suisse, pour la première fois. Pour moi, c’est un moment très fort.
Comment décririez-vous votre rôle aux côtés de The Mad Stuntman ?
G$Money : Après avoir passé autant de temps à ses côtés, tout semble naturel. Chanter et partager la scène avec lui fait désormais partie de notre quotidien. Pour le public, cela peut paraître extraordinaire, mais entre nous, cette complicité s’est construite au fil du temps. Être à ses côtés sur scène est devenu quelque chose de très naturel.
The Mad Stuntman, quel est le secret de votre connexion immédiate avec le public ?
The Mad Stuntman : Je reçois l’énergie que le public me donne et je la lui renvoie. Tant que je vois les spectateurs danser, sourire et chanter, je continue à faire monter l’intensité. C’est un échange permanent.
Que je me produise devant une seule personne ou devant un million de spectateurs, je dois offrir la même énergie. Les gens connaissent le disque et, lorsqu’ils viennent voir l’artiste sur scène, ils veulent retrouver la même voix. Ils doivent pouvoir se dire : « Il chante exactement comme sur le titre ! »
Je n’ai jamais perdu ma voix. Cette chanson est tellement facile à retenir que je pourrais la chanter les yeux fermés… mais certainement pas à l’envers ! (Rires.)
Après trente-trois ans de carrière à travers le monde, ressentez-vous toujours la même émotion sur scène ?
The Mad Stuntman : Oui, absolument. Je remercie Dieu d’avoir rendu tout cela possible, de nous avoir accompagnés tout au long de notre parcours et de nous permettre de rentrer chez nous en sécurité. Retrouver le public et ressentir son énergie est toujours quelque chose d’incroyable.
Depuis trente-trois ans, je voyage partout dans le monde et je retrouve toujours la même énergie. Les gens entrent dans la musique et se laissent porter par l’ambiance.
Il y a le son, les artistes, les danseurs… et les danseurs créent une véritable magie. Ils nous mettent en valeur et nous les mettons en valeur. Le public, lui aussi, rend tout le monde meilleur simplement par sa présence. Les spectateurs se déplacent pour voir leurs artistes préférés sur scène. C’est cela, la magie.
Natalyah, comment vos racines suisses et trinidadiennes influencent-elles votre musique ?
Natalyah : Elles l’influencent énormément. J’essaie d’intégrer les rythmes de Trinidad et des Caraïbes dans ma musique, tout en créant quelque chose qui puisse également toucher le public suisse et européen.
Mon souhait est de construire un pont entre ces deux univers, de réunir les gens et de leur transmettre de la joie. Je veux que chacun puisse se reconnaître dans ma musique, quelles que soient ses origines.
Comment décririez-vous votre alchimie sur scène ? Partagez-vous un rituel avant chaque concert ?
The Mad Stuntman : Nous aimons prier ensemble. Nous nous tenons la main et nous remercions Dieu de rendre tout cela possible, de nous accompagner pendant nos voyages et de nous donner la possibilité de monter sur scène.
Nous formons un cercle pour nous recentrer et ne faire plus qu’un. C’est un moment très important pour nous.
Natalyah : Après cette prière collective, j’ai besoin de prendre quelques instants pour me recentrer et être pleinement présente. Je me concentre, je respire et je me prépare intérieurement à entrer sur scène.
G$Money : De mon côté, je regarde le public et je me dis : « Toutes ces personnes sont venues pour nous, alors maintenant, il faut faire le travail et tout donner. » C’est cette pensée qui me met immédiatement dans l’énergie du spectacle.
J’ai aussi un autre petit rituel : je vérifie les paroles pour ne pas faire d’erreur sur scène ! J’aime répéter, mais j’aime surtout entendre le public chanter. Lorsque je lance « Say ho ! » et que toute la foule me répond, l’énergie est fantastique.
Quels sont vos projets et vos envies pour la seconde partie de l’année 2026 ?
The Mad Stuntman : Je travaille actuellement sur de nouveaux titres sous le nom de The Mad Stuntman. J’ai également un site internet sur lequel les promoteurs peuvent me contacter s’ils souhaitent m’engager pour de futurs concerts.
Je poursuis aussi ma collaboration avec cette magnifique artiste qu’est Natalyah. Nous avons enregistré ensemble une chanson intitulée Sweet Sugar.
Comme nous sommes tous les deux originaires de Trinidad, nous voulions offrir une chanson à notre île. Le public ne m’avait encore jamais vraiment entendu chanter sur un morceau de soca. Nous l’avons fait et nous sommes très heureux du résultat.
Nous préparons également de nouveaux morceaux avec G$Money, que nous souhaitons partager avec le monde dans les prochains mois, notamment en vue de la prochaine saison du carnaval. Beaucoup de nouvelles musiques arrivent.
Mais nous aimons toujours autant participer aux soirées consacrées aux années 90. Cette musique est encore bien vivante… et elle continue aussi à remplir mes poches ! (Rires.)
New Sight Magazine : Merci beaucoup à vous trois pour votre énergie et votre générosité.
The Mad Stuntman, Natalyah et G$Money : Merci à vous !
